Ensemble Opella Nova

L'Allemagne sous l'influence de l'Italie au 17ème siècle

Direction :

Michel Laplénie

Mercredi 12 août - 21h

Église Notre-Dame du Cap Lihou

L’Allemagne sous l’influence de l’Italie au 17ème siècle

Angélique Leterrier, soprano

Béatrice Mayo-Felip, soprano

Jérôme Gueller, ténor (haute-contre)

Jean-Marc Savigny, baryton

Arnaud Richard, basse

Frédéric Hernandez, orgue

Benoît Beratto, violone

Programme

Johann Kaspar KERLL (1627-1693)

Toccata IV Cromatica con Durezze e Ligature (orgue seul)

Claudio MONTEVERDI (1567-1643)

(extraits des « Selva morale e spirituale » - 1642)

Christe adoramus te (à 5 voix et continuo)

Beatae viae (à deux voix de dessus et continuo)

Heinrich SCHÜTZ (1585-1672)

(extraits des « Kleine Geistliche Konzerte » - 1636-39)

Die Seele Christi (à trois voix d’hommes et continuo)

Erhöre mich (à deux voix de dessus et continuo)

Johann Hermann SCHEIN (1586-1630)

(extraits de « Fontana d’Israel » - 1623)

Zion spricht (à 5 voix et continuo)

Da Jakob (à 5 voix et continuo)

Claudio MONTEVERDI

(extrait du 6ème Livre de Madrigaux)

La Sestina – n°1, 2 et 3 (à 5 voix et continuo)

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Heinrich SCHEIDEMANN (1595-1663)

Praeambulum in D minor - SW 34 (orgue seul)

Johann Christoph BACH (1642-1703)

Der Gerechte (à 5 voix et continuo)

Claudio MONTEVERDI

(extrait des Selva morale e spirituale)

Laudamus te (pour basse solo et continuo)

Heinrich  SCHÜTZ

(extrait de la « Geistliche Chormusik » 1649 et extrait des « Kleine Geistliche Konzerte »)

Die mit Tränen säen (à 5 voix et continuo)

Ich bin die Auferstehung (à trois voix d’hommes et continuo)

Johann  Christoph BACH

Fürchte dich nicht (à 5 voix et continuo)

Note de programme

L’Allemagne sous l’influence de l’Italie au 17ème siècle

Ce programme sera le reflet de l’influence de Venise au 17ème siècle sur des musiciens allemands comme Schütz et Schein.

Venise  restait le pôle d’attraction des musiciens flamands ou allemands,  fascinés par le renom et le rayonnement de Giovanni Gabrieli, maitre de  chapelle de la basilique Saint Marc. Schütz y a séjourné deux fois, la  première comme élève de G.Gabrieli de 1610 à 1612 et la deuxième de 1627  à 1628 où il connut Claudio Monteverdi.

C’est  sous l’influence de ce dernier qu’il composa ses « Petits Concerts  Sacrés » reflétant la « monodie à l’italienne » que Monteverdi a  sublimée dans ses œuvres sacrées et profanes. La mélodie se fait ainsi  le reflet émotionnel du texte sacré ou profane.

Schein  n’a pas eu le privilège de faire le voyage en Italie à cause de sa  santé fragile, mais dans son recueil « Israels Brünnlein » il se montre  un excellent connaisseur du madrigal italien à 5 voix, puisqu’il  qualifiera son recueil du titre de « Geistliche Madrigale » (Madrigaux  Spirituels).

Schütz  restera toutefois fidèle à l’esprit du motet allemand influencé par le  motet franco- flamand dans la lignée de Roland de Lassus. Sa «  Geistliche Chormusik » (« Musique sacrée pour chœur ») se veut comme un  bel exemple, pour les futures générations, de ce que peut réaliser la  dure école du contrepoint. Toutefois l’influence de l’Italie n’est pas  très loin, car cette écriture très riche laisse percevoir les « affetti »  prônés par l’école de Monteverdi. Cette influence indirecte est  également sensible chez le grand-oncle de JS BACH, Johann Christoph,  auteur de motets intégrant deux textes différents autour du même thème  comme dans « Fürchte dich nicht ».

Quant  à Monteverdi lui-même on sait l’énorme rôle qu’il a joué aussi bien  dans la musique profane (Madrigaux, Opéras) que dans la musique  religieuse. Les pièces de ce programme sont extraites de cet énorme  recueil paru 3 ans avant sa mort (1640) sous le titre général « Selva  Morale e Spirituale ». Elles sont d’esprit « chapelle » c’est à dire  intimiste.

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Michel Laplénie - Direction : Chanteur français spécialisé d’abord dans le répertoire  baroque allemand du 17ème siècle, Michel Laplénie a révélé la richesse  de la littérature musicale européenne de cette période, notamment à  travers de nombreux enregistrements discographiques. Il est unanimement  reconnu comme une des figures du baroque contemporain.

Après  des études de violon et d’allemand, Michel Laplénie se consacre  définitivement au chant après sa rencontre avec William Christie. Il  participe à la création des Arts Florissants, avec lequel il travaille  jusqu’en 1992, ainsi qu’à la naissance de l’Ensemble Clément Janequin,  avec lequel il collabore jusqu’en 1986. En 1986, Michel Laplénie crée  son propre ensemble vocal Sagittarius, du nom latinisé d’Heinrich  Schütz, maître incontournable de la vocalité allemande du 17ème siècle.  L’ensemble, constitué de chanteurs professionnels à effectif variable,  privilégie les petites formations, et met en valeur un répertoire de  musique religieuse des 16ème au 18ème siècle, principalement allemande,  mais aussi italienne, anglaise ou française. Michel Laplénie a ainsi  dirigé Sagittarius, pendant 30 ans, dans la plupart des grands festivals  français ainsi que dans de nombreux pays, permettant à un public  curieux d’apprécier ces œuvres méconnues. Personnalité moins médiatisée  qu’un William Christie ou un René Jacobs, Michel Laplénie, par sa  volonté de trouver une manière d’interpréter fidèle à l’esprit de  l’époque, par une démarche de recherche musicologique des sources du  baroque, est aujourd’hui un collègue estimé de ces célèbres figures du  baroque.

Angélique Letterier – Soprano : Angélique Leterrier débute le chant dès l'âge de onze ans,  entre au CNR de Versailles en 1992 et poursuit ses études musicales au  CNR de Caen, qui lui décerne en 2000 le Prix d'Excellence de Chant, puis  le Prix d’Excellence de Musique de Chambre. Depuis 2001, elle se  produit régulièrement avec les Chœurs de l'Opéra de Rouen ainsi que le  Chœur Accentus dirigé par Laurence Equilbey, et participe à ses tournées  internationales, en Europe de l’Est, au Brésil et au Japon. Avec  l’ensemble Opus 14 de Gilles Treille, elle explore le répertoire  baroque. Depuis 2004, elle fait partie de Diakhrôma, ensemble à 12 voix  dirigé par Nicolas André, interprétant diverses œuvres de musique  contemporaine. A la scène, elle s'est produite dans The Beggar's Opera  de Benjamin Britten, Die Lustiger Nibelungen d'O. Strauss, La Belle  Hélène et La Périchole de Jacques Offenbach, Didon et Enée de Purcell,  Les Noces de Figaro et La Flûte Enchantée de Mozart, Carmen de Bizet…

Béatrice Mayo-Felip – Soprano : Béatrice Mayo-Felip, espagnole d’origine, fait ses études  musicales au conservatoire de Perpignan, où elle obtient plusieurs  récompenses : prix de formation musicale, d’accordéon, de flûte  traversière, de chant et d’art lyrique dans la classe de Danièle  Perriers. En 1994 elle intègre le Centre National d’Insertion  Professionnelle à l’Art Lyrique de Marseille, où elle aborde un large  répertoire lyrique, de musique de chambre et la musique ancienne, dans  la classe de Bernard Fabre Garrus, directeur d’« A Sei Voci ».  Parallèlement, elle se perfectionne dans le travail scénique avec Alain  Garichot. Depuis, elle collabore régulièrement avec les ensembles « A  Sei Voci », « Akademia », « Le Poème Harmonique », « Arpeggiata », «  Almasis », « Les Jeunes Solistes » …

Jérôme Gueller – Ténor : Après des études de clarinette, Jérôme Gueller commence  celles du chant. Il obtient le DEM de Chant du CRR de Caen en juin 2010.  De nombreuses rencontres sont importantes : Pierre Mervant mais aussi  Howard Crook, Jean-Paul Fouchécourt, Stuart Patterson ou Dame Felicity  Lott. Jérôme Gueller a travaillé en chœur avec Valérie Fayet et avec  Michel Piquemal et l’interprétation du lied et de la mélodie avec  Marie-Pascale Talbot, Florence Boissolle et Jamal Moqadem. Il fait  partie de plusieurs ensembles comme Diakhrôma, Opus14 ou la Maîtrise de  Caen. Il participe régulièrement à des productions lyriques (oratorio,  opéra et opérette) : Le Pauvre Matelot de D. Milhaud, Pygmalion de  J.-Ph. Rameau, Cantates, Magnificat et Messe en Si de J.-S. Bach, Petite  Messe Solennelle de G. Rossini, Missa de Gloria de G. Puccini, Requiem  de W. A. Mozart mais aussi les rôles de Remendado dans Carmen de G.  Bizet, Pâris dans La Belle Hélène d'Offenbach…

Jean-Marc Savigny – Baryton : Jean-Marc Savigny a débuté ses études musicales au CNR de  Caen dans la classe de Luc Coadou. Il rejoint en 1994 la maîtrise de  cette ville, dirigée alors par Robert Weddle, où il décide, au contact  de chanteurs professionnels de faire de cette passion un métier. Cette  collaboration avec la maîtrise continue aujourd’hui ce qui lui permet  d’engranger une solide expérience du répertoire sacré maîtrisien. En  1998 il participe à l'académie d'Ambronay sous la direction de William  Christie et entre par la suite au chœur des Arts Florissants avec lequel  il chante parmi les plus belles œuvres du répertoire baroque français :  les Indes Galantes, Les Boréades, les Paladins. Il s'est perfectionné  auprès de Noël Barker et d'Alain Buet. Par ailleurs, Jean Marc Savigny a  chante, entre autres, au sein du chœur Accentus, avec l’ensemble les  Eléments, à l'Opéra de Rouen ou encore au sein du Concert d’Astrée  dirigé par Emmanuelle Haïm…

Arnaud Richard – Basse : Obtient en 2000 le prix d’excellence du CNR de Caen, puis  parfait sa formation auprès d’Alain Buet. Son répertoire, tel que  l’illustre sa discographie, embrasse des ouvrages de l’âge baroque à nos  contemporains, qu’il interprète en concert ainsi qu’à l’opéra. Il se  produit régulièrement à l’Opéra de Rouen, de Caen, à l’Opéra National du  Rhin à Strasbourg ainsi qu’à l’Opéra de Versailles. Reconnaissance  internationale lorsque le chef d’orchestre Teodor Currentzis lui demande  de chanter « Aeneas » et d’enregistrer le Requiem de Mozart. Il débute à  l’opéra de Stuttgart dans L’Ecume des jours (d’Edison Denisov) et  entreprend de nombreuses tournées internationales avec Les Arts  Forissants sous William Christie. Ainsi il apparaît dans Atys (Lully),  David et Jonathas (Charpentier) notamment dans le rôle de Saül et dans  Maître à danser au Festival d’Aix-en-Provence, à l’Opéra-Comique Paris  et sur les scènes lyriques de Bordeaux, Londres, New-York, Moscou…

Frédéric Hernandez – Orgue : Il commence ses études musicales par le piano, puis après un  cursus complet de musique ancienne au CRR de Strasbourg, il entre au  Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon dans les classes de  clavecin et de basse continue de Françoise Lengellé, Dirk Boerner et  Yves Rechsteiner. Il y obtient les premiers prix de clavecin et de basse  continue, puis se perfectionne avec Béatrice Martin à Barcelone, ainsi  que lors de stages et master class avec Jesper Christensen, Pierre  Hantaï, Christophe Rousset, Blandine Verlet. Il se produit dans  différentes productions avec Martin Gester et collabore avec différents  ensembles : l’Ensemble 415, l’Orchestre de Bretagne, le Poème  Harmonique, l’orchestre de l’Opéra de Rouen…

Benoît Bératto – Violone : Il entre en 2006 au Conservatoire Populaire de Musique de  Genève où il étudie la contrebasse et la viole de gambe. Son cursus  Genevois achevé, et pour se spécialiser en musique baroque, il entre au  Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, où il  suit pendant cinq ans une formation de contrebasse historique, de  violone, de direction de chœur et de musique de chambre (avec Kenneth  Weiss) et en sort diplômé en master en 2015.

Il  joue alors sous la baguette de grands chefs tels que Paul Agnew à  l’Opéra Bastille, Sigiswald Kuijken au Théâtre du Châtelet, Jean Marc  Aymes au Théâtre National de la Criée…

Il  se produit actuellement avec de nombreux ensembles : la Chapelle  Rhénane (Benoît Haller), le Concerto Soave (Jean Marc Aymes), l’ensemble  Jacques Moderne (Joël Suhubiette), les Chantres de Saint Hilaires  (François Xavier Lacroux), Sagittarius (Michel Laplénie) ou encore le  Concert Spirituel sous la direction d’Hervé Niquet…