EXPOSITION

EXPOSITION UN TALENT SPIRITUEL - GENEVIEVE GALLOIS 1888-1962 

Du 20 juillet au 15 août - église ND du Cap Lihou de Granville

Parcours de vie

Lorsqu’elle entre au monastère de la Rue Monsieur en 1917, alors qu’une carrière artistique brillante s’ouvre à elle, sœur Geneviève fait, avec le don d’elle-même, le sacrifice de son art. Son caractère intransigeant et son sens aigu de l’absolu de Dieu ne la portent pas aux demi-mesures ! Vingt ans plus tard, elle est remarquée par un amateur d’art, le docteur Paul Alexandre. Elle donne alors une inimitable série de dessins sur la vie monastique, ainsi que des eaux fortes et des vitraux. Elle écrit beaucoup, et note ici ou là ses réflexions sur la vie monastique, dans un style aussi vigoureux que celui de ses dessins.

 

L’exposition à Granville
A Jouques, comme à Limon, une exposition permanente offre aux visiteurs la possibilité de parcourir l’itinéraire artistique de Mère Geneviève, depuis ses huiles de jeunesse jusqu’aux maquettes des vitraux.
A Granville, l’association des Amis de Geneviève Gallois, qui a pensé la muséologie de cette exposition, a choisi de montrer un extrait en triptyque de son œuvre.
La première partie de ce triptyque concerne la dévotion à Marie, qui s’est exprimée dans toutes les facettes artistiques de mère Geneviève : ici dessin, gravure et vitraux. Ces œuvres jouent avec les vitraux de Notre Dame du Cap Lihou réalisés par Jacques le Chevallier, un contemporain de Geneviève Gallois.
Dans le choeur on a privilégié les œuvres en rapport avec la Liturgie, avec les grandes figures de moniales et de prêtres dont elle a écrit dans le récit de sa conversion : « Qui est celui-ci ? Descend-il tout droit du portail sud de Chartres ? Je croyais cette beauté à jamais retirée de la circulation et réfugiée dans la pierre de la cathédrale. Et en voici un qui a faussé compagnie à ses voisins, Jérôme, Grégoire, etc... et il est là tout vivant. Souveraine dignité, souveraine distinction. Ce n’était pas apprêté, c’était vrai. » La liturgie est au coeur de la vie spirituelle et artistique de Geneviève Gallois qui achève en 1949 trois séries de dessins sur la messe.
Le troisième volet choisi est celui du chant. On sait l’importance dans la vie bénédictine du chant et particulièrement le rôle des bénédictins dans la restauration du « plain chant » grégorien dans sa pureté originelle. Dom Guéranger au 19ème siècle impulse le mouvement, poursuivi par Dom Pothier (1835-1923) à Ligugé et Saint Wandrille qui, avec Dom Maur Sablayrolles maître de choeur à l’abbaye d’En Calcat, fit bénéficier les religieuses de la rue Monsieur de ses cours de chant. 

On le voit dans ses croquis, chez Geneviève Gallois l’humour acerbe n’est jamais loin d’une grande tendresse. Le dessin et l’écrit s’y mêlent comme dans l’oeuvre de Christoff Baron exposée dans la nef de Notre Dame Du Cap Lihou, pour le Festival Mission on the Roc, et aboutit en 1952 à la publication de la Vie du Petit Saint Placide, première bande dessinée religieuse ! 

 

Art sacré

Mais le grand motif de l’art de Geneviève Gallois est dans sa tension, sa recherche de la ligne essentielle. Elle écrit à une cousine en 1952 : « Est-ce que je vous scandalise avec des dessins si mal peignés ? Vous ne seriez pas la première. Je sais de bonnes personnes qui les passeraient volontiers à l’eau de Javel avec une brosse en chiendent. Il ne faut pas confondre deux choses : art et propreté. Et il ne faut pas refuser à l’art religieux le droit d’être sincère. La sincérité, la totale loyauté, qui est la base indispensable de la vie chrétienne, est aussi à la base de l’art qui l’exprime ». Matisse, en créant le chemin de croix pour la chapelle du Rosaire de Vence en 1951, l’a rejoint dans son idéal de la ligne essentielle : « Ce n’est pas de la beauté qu’il me faut faire, mais de la vérité. » 

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